Métabolisme de la Vitamine D, fonctions et besoins: de la science aux allégations santé.

Eur J Nutr. 2012 Aug 12.

Équipe de Biologie Moléculaire Marine, PROTÉE, Université du Sud Toulon-Var, BP 20132, Avenue de l’Université, 83957, La Garde Cedex, France.

RESUME

CONTEXTE

La Vitamine D est un nutriment considéré de longue date comme essentiel pour la santé du squelette mais elle attire aujourd’hui l’attention des communautés dans le domaine médical et nutritionnel car l’état des connaissances fait émerger sa fonction biologique et son association à la réduction du risque de plusieurs maladies chroniques .

RESULTATS:

Une question émerge: Combien de vitamine D supplémentaire avons nous besoin pour ces fonctions de la vitamine D? Cette revue débat de la physiologie de la vitamine D et de l’hypovitaminose D et présente deux politiques nutritionnelles pour la vitamine D: Celle adoptée par les Autorités de Santé et celle des scientifiques de la Nutrition. Les preuves scientifiques suggèrent que les niveaux sériques de 25(OH)D devraient dépasser 75 nmol/L, sauf quoi, il n’y aurait pas d’effet bénéfique de la vitamine D sur les maladies chroniques. Les recommandations réglementaires actuelles sont insuffisantes pour atteindre ce niveau d’adéquation. les données observationnelles et prospectives montrent que la Vitamine D présenterait un rôle dans la prévention du cancer ainsi que pour l’immunité, le diabète ainsi que les désordres cardiovasculaires et musculaires, et qui impliquent les actions de 1α,25(OH)2D aux niveaux moléculaire et cellulaire. Les récents avis émis par l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire devraient conduire vers de nouvelles allégations santé.

CONCLUSIONS:

La Vitamine D, que ce soit par la fortification des aliments ou en complément alimentaire, est une nouvelle stratégie de santé prometteuse présentant ainsi des opportunités pour que l’industrie alimentaire et les chercheurs en Nutrition travaillent ensemble afin de déterminer comment atteindre cet effet bénéfique potentiel pour la santé.

traduction de l’abstract original en anglais publié dans Pubmed ainsi que par l’éditeur de la revue, dont l’intégralité de l’article peut être obtenu en suivant l’adresse électronique suivante : http://www.springerlink.com/content/q62307h885247n1r/

Moins de force musculaire lorsque le taux de vitamine D est bas ?

par le Dr Laurence Du Pasquie

Le rôle de la vitamine D dans l’absorption du calcium, le développement du squelette et sa minéralisation n’est plus à démontrer. Alors que le déficit en vitamine D connaît une recrudescence dans les pays européens, des études mettent en évidence des conséquences plus larges de la carence en vitamine D, dépassant le traditionnel impact osseux.


Ce travail avait pour objectif d’analyser l’association entre le taux plasmatique de 25 (OH)D et les force et puissance musculaires à l’adolescence. Il s’agissait d’une étude transversale réalisée en population générale dans le cadre d’un établissement scolaire. Le recrutement a concerné 99 filles âgées de 12 à 14 ans, en post ménarche, ne présentant aucun signe ou symptôme particulier susceptible d’évoquer une carence en vitamine D. La contractilité musculaire a été étudiée par l’analyse de la force et de la puissance du saut (jumping mechanography). Les muscles proximaux mis en jeu pour le saut sont ceux qui sont le plus affectés par la carence en vitamine D chez les personnes âgées. Dans ce groupe de jeunes filles, la valeur médiane du taux plasmique de vitamine D était de 21,3 mmol/l (2,5 à 88,5) et 75 % des filles avaient un taux faible de vitamine D. Le taux de PTH médian était de 3,7 pmol/l.

Après prise en compte de la stature, on retrouvait une corrélation positive entre les taux de vitamine D et :
- la vitesse du saut (p = 0,002)
- la hauteur du saut (p = 0,005)
- la puissance musculaire (p = 0,003)
- l’index de Fitness (p = 0,003)
- la force musculaire (p = 0,05)

Il existait également une corrélation négative entre la vitesse du saut et le taux de PTH (p = 0,04).

Ces résultats suggèrent que la contractilité musculaire peut être affectée par le statut en vitamine D chez des adolescentes asymptomatiques par ailleurs. Cependant une relation causale ne peut être affirmée par cette étude transversale.
Cette étude retrouve une association entre la fonction musculaire et les taux de vitamine D à l’adolescence : la force et la puissance musculaire sont d’autant plus faibles que le taux de vitamine D est bas.

Lien

Ward KA et coll : Vitamin D status and muscle function in post-menarchal adolescent girls. J Clin Endocrinol Metab 2009 ; 94 :559-563.

® JIM 2008