Cranberry versus antibiotiques en prévention de l’infection urinaire : quel est le meilleur ?

Les dames soucieuses d’écologie, en tout cas celles qui souffrent d’infections urinaires (IU) récidivantes, ne jurent que par elle, la cranberry (en français canneberge) certaines d’avoir trouvé là le remède à leur triste condition. Ont-elles raison, ont-elles tort ?

M T McMurdo et coll., en introduction d’un essai contrôlé randomisé qui fait le point sur l’efficacité comparée des antibiotiques (représentés par le triméthoprime) et de l’extrait de baie de cranberry, soulignent qu’en réalité tout n’est pas si clair : si, grâce à une revue Cochrane qui fait référence on sait que le petit fruit rouge réduit la fréquence des IU chez la femme de 30-40 ans, rien ne prouve encore que, chez sa consoeur plus âgée et donc plus à risque elle ferait au moins aussi bien que le traitement de référence, par antibiotiques à fortes doses discontinues ou petites doses préventives prolongées. Un trou dans la littérature qui méritait effectivement d’être rapidement comblé…

Etude, donc, de 137 femmes de plus de 45 ans, à risque car ayant développé au moins deux IU traitées par antibiotique dans l’année ayant précédé l’inclusion, auxquelles on proposait de prendre au coucher 500 mg d’extrait de canneberge ou 100 mg de trométhoprime, pendant 6 mois. Trente et une d’entre elles ont développé une infection, 25 dans le groupe cranberry et 14 dans l’autre (différence de RR 1,616, IC 95 % : 0,93-2,79), avec des délais de première récurrence globalement comparables, à 84,5 et 91 jours. On enregistra 6/69 abandons de la cranberry (dont 4 pour intolérance digestive et un pour nocturie), versus 11/68 pour l’antibiotique (dont 4 pour troubles gastro-intestinaux et 3 pour rash/ prurit). L’analyse bactériologique des germes isolés en cours de traitement ne se révéla pas originale, E coli arrivant comme d’habitude largement en tête, dans les deux groupes, devant d’autres entérobactéries.

On aurait bien aimé que l’extrait de canneberge soit aussi efficace que l’antibiotique, ce qui ne fut donc pas tout à fait le cas. Pour les auteurs, cependant, cette étude prouve de façon incontestable que les femmes disposent d’une alternative aux antibiotiques dont elles devraient profiter plus largement : au prix d’une efficacité à peine moindre, l’extrait de la célèbre baie américaine permettrait d’éviter l’apparition de bactéries résistant aux antibiotiques tout en éloignant le risque des sur infections fongiques intestinales ou vaginales et de la très délétère colite pseudo- membraneuse. Et en plus, il paraît que ce produit naturel (« qualité » soulignée par M McMurdo) n’est même pas cher…

Dr Jack Breuil

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McMurdo M et coll. : Cranberry or trimethoprim for the prevention of recurrent urinary tract infections? A randomized controlled trial in older women. J Antimicrob Chemother., 2009; 63: 389-395

Des choux, des carottes et des pêches… pour réduire, peut-être, le risque de glaucome

Un nombre croissant d’études s’intéresse aux relations entre alimentation et développement des atteintes oculaires source de cécité. Le rôle des facteurs nutritionnels dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) par exemple, est mis en avant dans certains travaux, non retrouvé de façon homogène, et souvent source de controverse. C’est dans ce contexte que des auteurs américains et grecs publient les résultats d’une étude visant à préciser les relations entre risque de glaucome et consommation de fruits et légumes spécifiques chez les femmes âgées.

Cette étude multicentrique a inclus 1 155 femmes participant à la Study of Osteoporotic Fractures (SOF), mise en place entre 1986 et 1988 et qui ont bénéficié à l’occasion du bilan des 10 ans de suivi, d’un examen ophtalmologique.
La consommation habituelle de fruits et légumes au cours de l’année écoulée, a été évaluée par questionnaires, en portant une attention particulière à la consommation d’épinards crus ou cuits, de salades vertes, de jus d’orange, de pêches séchées ou en conserves, de pommes fraîches, de bananes, d’oranges, de chou, de carottes, puisque un lien avait été suggéré par certaines études entre ces aliments et les affections oculaires.

Des ajustements ont été effectués sur de nombreux facteurs potentiels de confusion, parmi lesquels : l’âge, le centre d’étude, le niveau d’éducation, le tabagisme, la consommation d’alcool, l’ethnie, l’indice de masse corporelle, la pratique de la marche comme exercice physique, l’auto-évaluation de l’état de santé, l’existence auto-rapportée d’un diabète, d’une HTA, d’une DMLA.

Dans cette population féminine, âgée de 79,4 ans en moyenne (67-97 ans), dont 95,3 % étaient non fumeuses au moment de l’étude et 6,2 % signalaient avoir un diabète, la prévalence globale du glaucome était de 8,2 %. Cette prévalence s’élevait avec l’âge, passant de 6 % chez les 65-74 ans (n = 84) à 30 % chez les 80-84 ans (n = 348).
L’analyse des résultats donne, chez les femmes consommant au moins une fois par mois du chou vert, un odds ratio (OR) pour le glaucome de 0,31 (IC à 95 % 0,11-0,91) en comparaison de celles en consommant à une fréquence moindre, chez les femmes ayant une consommation au moins bihebdomadaire de carottes fraîches un OR de 0,36 (IC à 95 % 0,17-0,77) en comparaison de celles en consommant moins d’une fois par semaine, et chez les femmes consommant au moins une fois par semaine des pêches séchées ou en conserve un OR de 0,53 (IC à 95 % 0,29-0,97) en comparaison de celles en consommant moins d’une fois par mois.

Cette étude, menée sur population de plus de 1 100 femmes âgées, suggère une relation, jusque-là peu évoquée, entre consommation accrue de certains fruits et légumes et risque de glaucome. Elle associe consommation de chou vert, de carottes fraîches et de pêches séchées ou en conserve, à une réduction du risque de glaucome, respectivement de 69 %, 64 % et 47 %. Mais ces résultats, non nécessairement extrapolables à une population masculine ou plus jeune, et qui pourraient être liés à l’effet confondant de facteurs associés à un mode de vie plus sain autres que la consommation de fruits et légumes, doivent être interprétés avec prudence et méritent sans doute des études complémentaires.

Dr Claudine Goldgewicht

Coleman AL et coll. : Glaucoma risk and the consumption of fruits and vegetables among older women in the Study of Osteoporotic Fractures. Am J Ophtalmol, Publication avancée en ligne, 27 février 2008.

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Le vin pourrait-il protéger contre la maladie d Alzheimer ?

Le quotidien souligne que « la brochure de l’Institut national du cancer (Inca) indiquait il y a quelques mois que la consommation quotidienne d’un seul verre de vin augmentait un peu le risque de cancer, une nouvelle étude insiste sur le fait que cette même consommation modérée réduit la probabilité d’être victime de la maladie d’Alzheimer ».

Cette publication présentée lors d’un congrès d’experts à Vienne, en Autriche, consacré à ­cette maladie neurodégénérative «s’appuie sur une enquête menée auprès de 3 079 sujets âgés de 75 ans et plus.»

Kaycee Sink, l’un des auteurs de l’étude, effectuée par l’université américaine Wake Forest de Winston-Salem en Caroline du Nord, explique que «ces personnes ont été observées pendant six ans et ont été priées de noter précisément leur consommation d’alcool. Puis elles ont été réparties en quatre catégories : nul alcool, entre un et sept verres d’alcool par semaine, huit à quatorze verres et plus de quatorze verres consommés sur la même période.»

«Après examen des patients tous les six mois, il est apparu que parmi les personnes qui se limitaient à un ou deux verres d’alcool, surtout du vin, par jour, le risque d’être atteint de la maladie d’Alzheimer était réduit de 37 %.»
En revanche, le Figaro relève que «parmi les personnes présentant déjà des troubles mineurs de la mémoire et qui ont consommé plus de 14 verres par semaine, le risque d’Alzheimer était jusqu’à deux fois plus élevé que parmi les personnes s’abstenant de boire quelque alcool que ce soit.»

Source: Le Figaro du 05/08/2009

A Potential Role of the Curry Spice Curcumin in Alzheimer’s Disease

There is substantial in-vitro data indicating that curcumin has antioxidant, anti-inflammatory, and anti-amyloid activity. In addition, studies in animal models of Alzheimer’s disease (AD) indicate a direct effect of curcumin in decreasing the amyloid pathology of AD. As the widespread use of curcumin as a food additive and relatively small short-term studies in humans suggest safety, curcumin is a promising agent in the treatment and/or prevention of AD.

Nonetheless, important information regarding curcumin bioavailability, safety and tolerability, particularly in an elderly population is lacking. We are therefore performing a study of curcumin in patients with AD to gather this information in addition to data on the effect of curcumin on biomarkers of AD pathology.

lien Pub Med:Etude complète

John M. Ringman,1* Sally A. Frautschy,2 Gregory M. Cole,2 Donna L. Masterman,3 and Jeffrey L. Cummings1,4
1 University of California, Los Angeles, Dept. of Neurology, Alzheimer’s Disease Research Center, Los Angeles, CA,
2 University of California, Los Angeles, Dept. of Medicine and the Greater Los Angeles VA Healthcare System, Geriatric Research, Education, and Clinical Center, Sepulveda, CA,
3 Amgen, Inc., Thousand Oaks, CA,
4 University of California, Los Angeles, Dept. of Psychiatry and Biobehavioral Sciences, Los Angeles, CA, USA
*Address correspondence to this author at the UCLA Dept. of Neurology, Alzheimer’s Disease Research Center, 710 Westwood Plaza, Suite 2-238, Los Angeles, CA 90095-1769, USA; Tel: (310)-206-2867; Fax: (310)-206-5287; Email: jringman@mednet.ucla.edu

Activités anti inflammatoires chémopréventives de la curcumine et autres phytocomposés (resvératrol et gingérol) dans les cellules de la prostate.

Comme l’inflammation apparaît comme un facteur de risque dans le cancer de la prostate (PCa), il existe un potentiel dans la chémoprevention par des substances anti-inflammatoires. Des phytocomposés diététiques ont montré des propriétés chémopréventives qui pourraient inclure des propriétés anti-inflammatoires.

Dans cette étude, nous avons démontré le rôle des protéines kinases (MKP5) dans les activités anti inflammatoires des phytocomposés curcumine (curcuma), resveratrol (raisin) et [6]-gingerol (gingembre). La Curcumine, phytocomposé de l’épice curcuma a régulé positivement la protéine kinase MKP5, a diminué de façon significative les réactions pro inflammatoires induites par la protéine p38 dans les cellules épithéliales prostatiques normales. Le Resveratrol et le [6]-Gingerol, phytocomposés présents respectivement dans le vin rouge et dans le gingembre ont aussi régulé de façon positive la MKP5 dans les cellules épithéliales prostatiques normales. De plus, nous avons trouvé que les cultures cellulaires tumorales PCa DU 145, PC-3, LNCaP et LAPC-4 ont permis de maintenir la capacité de réguler positivement les MKP5 suite à l’administration de curcumine, resveratrol et [6]-gingerol, suggérant l’utilité de ces phytocomposés dans le traitement du cancer de la prostate PCa. En résumé, nous avons montré l’activité anti inflammatoire directe des MKP5 dans les cellules de la prostate et suggéré que la régulation positive des MKP5 par les phytocomposés étudiés pourrait contribuer à leur action chémopréventive en diminuant l’inflammation prostatique.

Nonn L, Duong D, Peehl DM.Department of Urology, Stanford University, Stanford, CA 94305-5118, USA. Carcinogenesis. 2007 Jun;28(6):1188-96. Epub 2006 Dec