De la vitamine D contre le mal de dos

LaNutrition.fr, le 02/02/2009

Une carence en vitamine D pourrait être à l’origine de douleurs dorsales qui s’estomperaient en prenant des suppléments de vitamine D.

Si vous avez mal au dos, faites doser votre vitamine D. De nombreuses études montrent en effet que les patients qui souffrent de douleurs dorsales ont souvent des niveaux de vitamine D insuffisants.

Une étude récente menée par des chercheurs américains a confirmé ce lien chez les seniors. Des chercheurs de l’Université du Delaware ont suivi 958 personnes âgées de plus de 65 ans à qui ils ont demandé s’ils souffraient de douleurs dorsales. En parallèle les chercheurs ont dosé le taux de vitamine D chez les volontaires.

Les auteurs se sont alors aperçus que les femmes qui se plaignaient de maux de dos avaient souvent des taux de vitamine D insuffisants, une relation qui n’a pas été retrouvée chez les hommes. Comment l’expliquer ? Selon les chercheurs, les maux de dos des participantes pourraient avoir été causés par l’ostéomalacie, une déminéralisation douloureuse du squelette due à une carence en vitamine D. L’ostéomalacie, qui touche surtout les femmes, se manifeste notamment par des douleurs lombaires chroniques.

Une piste trop souvent inexplorée :
Une équipe de chercheurs saoudiens était parvenue à la même conclusion il y a quelques années. Pour savoir s’il existait un lien entre les maux de dos et les carences en vitamine D, le docteur Al Mutairi et ses collègues avaient suivis 360 patients âgés de 15 à 52 ans, majoritairement des femmes, se plaignant de maux de dos dont l’origine n’avait pu être identifiée depuis des années.

Les chercheurs ont mesuré le taux de vitamine D chez leurs volontaires. Verdict : 83 % d’entre eux présentaient des taux de vitamine D inférieurs à la normale. Les auteurs ont donc décidé de donner à leurs cobayes des suppléments de vitamine D pour combler cette carence.

Après avoir rétablit le taux de vitamine D chez les volontaires, les chercheurs ont continué à les interroger sur leurs maux de dos. Résultat : 95 % des patients ont rapporté une amélioration de leurs symptômes.

Les chercheurs en concluent que les carences en vitamine D sont une piste trop peu explorées pour les patients se plaignants de maux de dos dont l’origine n’est pas identifiée. Ces derniers recommandent de pratiquer un dosage de vitamine D chez les patients dont les douleurs dorsales restent inexpliquée, et de supplémenter les patients qui manquent effectivement de vitamine D.

  1. Hicks GE, Shardell M, et al. Associations between vitamin D status and pain in older adults: the Invecchiare in Chianti study. J Am Geriatr Soc. 2008 May;56(5):785-91.

  2. Al Faraj S, Al Mutairi K. Vitamin D deficiency and chronic low back pain in Saudi Arabia. Spine. 2003 Jan 15;28(2):177-

Mise à jour le Mardi, 29 Septembre 2009 14:01

Moins de force musculaire lorsque le taux de vitamine D est bas ?

par le Dr Laurence Du Pasquie

Le rôle de la vitamine D dans l’absorption du calcium, le développement du squelette et sa minéralisation n’est plus à démontrer. Alors que le déficit en vitamine D connaît une recrudescence dans les pays européens, des études mettent en évidence des conséquences plus larges de la carence en vitamine D, dépassant le traditionnel impact osseux.


Ce travail avait pour objectif d’analyser l’association entre le taux plasmatique de 25 (OH)D et les force et puissance musculaires à l’adolescence. Il s’agissait d’une étude transversale réalisée en population générale dans le cadre d’un établissement scolaire. Le recrutement a concerné 99 filles âgées de 12 à 14 ans, en post ménarche, ne présentant aucun signe ou symptôme particulier susceptible d’évoquer une carence en vitamine D. La contractilité musculaire a été étudiée par l’analyse de la force et de la puissance du saut (jumping mechanography). Les muscles proximaux mis en jeu pour le saut sont ceux qui sont le plus affectés par la carence en vitamine D chez les personnes âgées. Dans ce groupe de jeunes filles, la valeur médiane du taux plasmique de vitamine D était de 21,3 mmol/l (2,5 à 88,5) et 75 % des filles avaient un taux faible de vitamine D. Le taux de PTH médian était de 3,7 pmol/l.

Après prise en compte de la stature, on retrouvait une corrélation positive entre les taux de vitamine D et :
- la vitesse du saut (p = 0,002)
- la hauteur du saut (p = 0,005)
- la puissance musculaire (p = 0,003)
- l’index de Fitness (p = 0,003)
- la force musculaire (p = 0,05)

Il existait également une corrélation négative entre la vitesse du saut et le taux de PTH (p = 0,04).

Ces résultats suggèrent que la contractilité musculaire peut être affectée par le statut en vitamine D chez des adolescentes asymptomatiques par ailleurs. Cependant une relation causale ne peut être affirmée par cette étude transversale.
Cette étude retrouve une association entre la fonction musculaire et les taux de vitamine D à l’adolescence : la force et la puissance musculaire sont d’autant plus faibles que le taux de vitamine D est bas.

Lien

Ward KA et coll : Vitamin D status and muscle function in post-menarchal adolescent girls. J Clin Endocrinol Metab 2009 ; 94 :559-563.

® JIM 2008