Cranberry versus antibiotiques en prévention de l’infection urinaire : quel est le meilleur ?

Les dames soucieuses d’écologie, en tout cas celles qui souffrent d’infections urinaires (IU) récidivantes, ne jurent que par elle, la cranberry (en français canneberge) certaines d’avoir trouvé là le remède à leur triste condition. Ont-elles raison, ont-elles tort ?

M T McMurdo et coll., en introduction d’un essai contrôlé randomisé qui fait le point sur l’efficacité comparée des antibiotiques (représentés par le triméthoprime) et de l’extrait de baie de cranberry, soulignent qu’en réalité tout n’est pas si clair : si, grâce à une revue Cochrane qui fait référence on sait que le petit fruit rouge réduit la fréquence des IU chez la femme de 30-40 ans, rien ne prouve encore que, chez sa consoeur plus âgée et donc plus à risque elle ferait au moins aussi bien que le traitement de référence, par antibiotiques à fortes doses discontinues ou petites doses préventives prolongées. Un trou dans la littérature qui méritait effectivement d’être rapidement comblé…

Etude, donc, de 137 femmes de plus de 45 ans, à risque car ayant développé au moins deux IU traitées par antibiotique dans l’année ayant précédé l’inclusion, auxquelles on proposait de prendre au coucher 500 mg d’extrait de canneberge ou 100 mg de trométhoprime, pendant 6 mois. Trente et une d’entre elles ont développé une infection, 25 dans le groupe cranberry et 14 dans l’autre (différence de RR 1,616, IC 95 % : 0,93-2,79), avec des délais de première récurrence globalement comparables, à 84,5 et 91 jours. On enregistra 6/69 abandons de la cranberry (dont 4 pour intolérance digestive et un pour nocturie), versus 11/68 pour l’antibiotique (dont 4 pour troubles gastro-intestinaux et 3 pour rash/ prurit). L’analyse bactériologique des germes isolés en cours de traitement ne se révéla pas originale, E coli arrivant comme d’habitude largement en tête, dans les deux groupes, devant d’autres entérobactéries.

On aurait bien aimé que l’extrait de canneberge soit aussi efficace que l’antibiotique, ce qui ne fut donc pas tout à fait le cas. Pour les auteurs, cependant, cette étude prouve de façon incontestable que les femmes disposent d’une alternative aux antibiotiques dont elles devraient profiter plus largement : au prix d’une efficacité à peine moindre, l’extrait de la célèbre baie américaine permettrait d’éviter l’apparition de bactéries résistant aux antibiotiques tout en éloignant le risque des sur infections fongiques intestinales ou vaginales et de la très délétère colite pseudo- membraneuse. Et en plus, il paraît que ce produit naturel (« qualité » soulignée par M McMurdo) n’est même pas cher…

Dr Jack Breuil

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McMurdo M et coll. : Cranberry or trimethoprim for the prevention of recurrent urinary tract infections? A randomized controlled trial in older women. J Antimicrob Chemother., 2009; 63: 389-395

Des choux, des carottes et des pêches… pour réduire, peut-être, le risque de glaucome

Un nombre croissant d’études s’intéresse aux relations entre alimentation et développement des atteintes oculaires source de cécité. Le rôle des facteurs nutritionnels dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) par exemple, est mis en avant dans certains travaux, non retrouvé de façon homogène, et souvent source de controverse. C’est dans ce contexte que des auteurs américains et grecs publient les résultats d’une étude visant à préciser les relations entre risque de glaucome et consommation de fruits et légumes spécifiques chez les femmes âgées.

Cette étude multicentrique a inclus 1 155 femmes participant à la Study of Osteoporotic Fractures (SOF), mise en place entre 1986 et 1988 et qui ont bénéficié à l’occasion du bilan des 10 ans de suivi, d’un examen ophtalmologique.
La consommation habituelle de fruits et légumes au cours de l’année écoulée, a été évaluée par questionnaires, en portant une attention particulière à la consommation d’épinards crus ou cuits, de salades vertes, de jus d’orange, de pêches séchées ou en conserves, de pommes fraîches, de bananes, d’oranges, de chou, de carottes, puisque un lien avait été suggéré par certaines études entre ces aliments et les affections oculaires.

Des ajustements ont été effectués sur de nombreux facteurs potentiels de confusion, parmi lesquels : l’âge, le centre d’étude, le niveau d’éducation, le tabagisme, la consommation d’alcool, l’ethnie, l’indice de masse corporelle, la pratique de la marche comme exercice physique, l’auto-évaluation de l’état de santé, l’existence auto-rapportée d’un diabète, d’une HTA, d’une DMLA.

Dans cette population féminine, âgée de 79,4 ans en moyenne (67-97 ans), dont 95,3 % étaient non fumeuses au moment de l’étude et 6,2 % signalaient avoir un diabète, la prévalence globale du glaucome était de 8,2 %. Cette prévalence s’élevait avec l’âge, passant de 6 % chez les 65-74 ans (n = 84) à 30 % chez les 80-84 ans (n = 348).
L’analyse des résultats donne, chez les femmes consommant au moins une fois par mois du chou vert, un odds ratio (OR) pour le glaucome de 0,31 (IC à 95 % 0,11-0,91) en comparaison de celles en consommant à une fréquence moindre, chez les femmes ayant une consommation au moins bihebdomadaire de carottes fraîches un OR de 0,36 (IC à 95 % 0,17-0,77) en comparaison de celles en consommant moins d’une fois par semaine, et chez les femmes consommant au moins une fois par semaine des pêches séchées ou en conserve un OR de 0,53 (IC à 95 % 0,29-0,97) en comparaison de celles en consommant moins d’une fois par mois.

Cette étude, menée sur population de plus de 1 100 femmes âgées, suggère une relation, jusque-là peu évoquée, entre consommation accrue de certains fruits et légumes et risque de glaucome. Elle associe consommation de chou vert, de carottes fraîches et de pêches séchées ou en conserve, à une réduction du risque de glaucome, respectivement de 69 %, 64 % et 47 %. Mais ces résultats, non nécessairement extrapolables à une population masculine ou plus jeune, et qui pourraient être liés à l’effet confondant de facteurs associés à un mode de vie plus sain autres que la consommation de fruits et légumes, doivent être interprétés avec prudence et méritent sans doute des études complémentaires.

Dr Claudine Goldgewicht

Coleman AL et coll. : Glaucoma risk and the consumption of fruits and vegetables among older women in the Study of Osteoporotic Fractures. Am J Ophtalmol, Publication avancée en ligne, 27 février 2008.

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Moins de force musculaire lorsque le taux de vitamine D est bas ?

par le Dr Laurence Du Pasquie

Le rôle de la vitamine D dans l’absorption du calcium, le développement du squelette et sa minéralisation n’est plus à démontrer. Alors que le déficit en vitamine D connaît une recrudescence dans les pays européens, des études mettent en évidence des conséquences plus larges de la carence en vitamine D, dépassant le traditionnel impact osseux.


Ce travail avait pour objectif d’analyser l’association entre le taux plasmatique de 25 (OH)D et les force et puissance musculaires à l’adolescence. Il s’agissait d’une étude transversale réalisée en population générale dans le cadre d’un établissement scolaire. Le recrutement a concerné 99 filles âgées de 12 à 14 ans, en post ménarche, ne présentant aucun signe ou symptôme particulier susceptible d’évoquer une carence en vitamine D. La contractilité musculaire a été étudiée par l’analyse de la force et de la puissance du saut (jumping mechanography). Les muscles proximaux mis en jeu pour le saut sont ceux qui sont le plus affectés par la carence en vitamine D chez les personnes âgées. Dans ce groupe de jeunes filles, la valeur médiane du taux plasmique de vitamine D était de 21,3 mmol/l (2,5 à 88,5) et 75 % des filles avaient un taux faible de vitamine D. Le taux de PTH médian était de 3,7 pmol/l.

Après prise en compte de la stature, on retrouvait une corrélation positive entre les taux de vitamine D et :
- la vitesse du saut (p = 0,002)
- la hauteur du saut (p = 0,005)
- la puissance musculaire (p = 0,003)
- l’index de Fitness (p = 0,003)
- la force musculaire (p = 0,05)

Il existait également une corrélation négative entre la vitesse du saut et le taux de PTH (p = 0,04).

Ces résultats suggèrent que la contractilité musculaire peut être affectée par le statut en vitamine D chez des adolescentes asymptomatiques par ailleurs. Cependant une relation causale ne peut être affirmée par cette étude transversale.
Cette étude retrouve une association entre la fonction musculaire et les taux de vitamine D à l’adolescence : la force et la puissance musculaire sont d’autant plus faibles que le taux de vitamine D est bas.

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Ward KA et coll : Vitamin D status and muscle function in post-menarchal adolescent girls. J Clin Endocrinol Metab 2009 ; 94 :559-563.

® JIM 2008

Assimilation : Nutriments naturels contre nutriments de synthèse

La Nature reprend ses droits contre l’Artificiel
par GHISLAINE GERBER.

Les molécules d’origine naturelle présentes dans les plantes et les règnes naturels sont des molécules qui peuvent être qualifiées de vivantes. Plusieurs études démontrent qu’elles ont des propriétés biologiques différentes des molécules de synthèse. Les vitamines et les nutriments synthétiques ne sont pas convenablement acceptés par l’organisme, dont le mode de fonctionnement s’est élaboré en plusieurs dizaines de millions d’années sans chimie de synthèse. Ces molécules artificielles sont des corps étrangers souvent indésirables pour le corps qui s’efforce de les éliminer au plus vite a la condition que ses systèmes de défense et d’ épuration ne soient pas trop atteints. Les industries alimentaires et pétrochimiques essaient de faire croire que les nutriments chimiques seraient identiques aux nutriments naturels mais en fait, la chimie de synthèse ressemble a la nature comme une photo ressemble au sujet photographié sans pouvoir en aucun cas le remplacer.
Ce que nous venons chercher en nous rendant dans un magasin de produits naturels ou en consultant un praticien de médecines naturelles, c’est autre chose que ce que la chimie de synthèse nous propose déjà depuis plus de 50 ans. Nous espérons ainsi entretenir notre capital santé en respectant davantage le fonctionnement naturel de l’ organisme. Or, est-ce bien raisonnable de consommer des produits bio et dans le même temps d’absorber sous forme concentrée des molécules de synthèse qui sont quelques fois proposées par des naturopathes mal informés? Heureusement, de plus en plus de responsables de magasins de diététique et naturopathes deviennent vigilants a l’égard de ces molécules de synthèse, sélectionnent des produits de qualité et informent leurs clients des dangers des faux produits naturels.

Seule la dose fait le poison – Paracelse
Certains nutritionnistes orthomoléculaires, ayant montré une trop grande confiance dans les hyperdosages vitaminiques, les consommateurs abusent aujourd’hui de minéraux et vitamines synthétiques bien au-delà des réels besoins journaliers, n’imaginant pas une seule seconde que des vitamines et des minéraux puissent fatiguer leur foie. Il conviendra de préférer les marques de compléments alimentaires 100 % d’ origine naturelle dans lesquels les vitamines, oligoéléments et autres nutriments sont extraits de fruits et de plantes qui sont non seulement mieux assimilés, nécessitant donc des dosages moins élevés mais bien davantage en cohérence avec les réels besoins journaliers de notre organisme.
Trop encore se font piéger par des fabricants qui proposent des «remakes» d’allopathie nutritionnelle ayant des dosages déraisonnables de vitamines et de minéraux de synthèse peu assimilables. Or, ce que peu de consommateurs savent, c’est que leurs dosages sont précisément élevés pour compenser leur pauvre degré d’ assimilation par l’ organisme. Les dosages élevés de tels nutriments de synthèse peuvent même provoquer des déséquilibres, épuisant l’organisme dans ses capacités enzymatiques et dans ses réserves en oligo-éléments pour gérer de tels hyperdosages. Bien des molécules de synthèse sont habilement déguisées en produits naturels sous prétexte que quelques milligrammes de plantes ont été ajoutés, sous un emballage flatteur qui laisse supposer a tort que l’intégralité du produit est composée de substances d’ origine naturelle.
De fortes pressions de 1’univers pétrochimique ont été mises en œuvre lors de l’élaboration des réglementations en matière d’alimentation et de nutrition pour que soient autorisées de nombreuses molécules de synthèse issues de la pétrochimie, au détriment des nutriments extraits de fruits et de plantes.
Le raisonnement selon lequel un produit vendu librement dans le commerce serait forcément d’une totale innocuité ne peut plus être suivi de façon aveugle.
D’importantes polémiques font rage notamment a propos de l’abus de certains aliments enrichis en telle ou telle vitamine ou minéral de synthèse au détriment d’autres micronutriments insuffisamment associés. D’autres dénoncent de plus en plus certains édulcorants de synthèse et leurs dangers pour la santé, des conservateurs et bien d’autres molécules qui sont pourtant toutes autorisées, jusqu’au jour OU elles seront peut être retirées du marché pour les évidences des dangers qu’elles auront fait courir pour la santé. En attendant, de nombreuses molécules artificielles continuent de polluer insidieusement ce que nous ingérons. Heureusement, de nombreux autres aliments et compléments alimentaires élaborés avec des nutriments extraits de fruits, de plantes et autres substances naturelles sont proposés en diététique, encore faut-il savoir lire les étiquetages complexes de ces aliments et compléments.
En matière d’ étiquetage, il existe des normes qui imposent aux fabricants d’indiquer la liste totale des ingrédients par ordre décroissant, en plus de la composition analytique, et désormais la quantité de plantes par prise journalière recommandée. Or, il est facile a ce niveau de débusquer les vrais et les faux nutriments naturels. Il ne faut pas confondre «ingrédients» et «composition analytique». Car l’analyse témoigne de la présence de nutriments (vitamines, minéraux, acides gras, sucres, etc.) mais n’indique pas leur origine alors que la liste des ingrédients quant a elle, permet d’identifier si l’origine naturelle de ces nutriments est bien précisée.

Lévogyre ou dextrogyre ? Une question de «bon sens».
Une vitamine, un minéral, des acides aminés ne poussent pas tout seuls, de façon isolée dans la nature. Soit ils sont extraits d’une plante, d’un sous-produit animal, d’un micro-organisme ou de la terre (règne végétal, animal ou minéral), soit ils sont produits artificiellement. Dans ce dernier cas, ces nutriments sont dénués de la dynamique du vivant. En général, les scientifiques réagissent à cela en répondant : «mais voyons, vitamines naturelles et vitamines de synthèse, il n’y a pas de différence, ce sont les mêmes molécules». Et ce qui est irritant, c’est qu’a cela, par ignorance, on oublie trop souvent de répondre : Molécules naturelles ou de synthèse, si elles ont presque la même forme, elles s’ orientent en revanche en sens inverse par rapport a la lumière : soit elles sont lévogyres ou soit elles sont dextrogyres.
La vitamine C naturelle extraite de fruits (dans la cerise Acérola par exemple) est lévogyre. Cela signifie qu’elle dévie la lumière polarisée qui est projetée sur elle vers la gauche et s’oriente différemment dans l’organisme lors de son processus d’assimilation. La vitamine C sous forme d’acide ascorbique de synthèse fait en revanche tourner cette lumière polarisée vers la droite. Elle est dextrogyre. Dans le corps humain et devant les récepteurs cellulaires, elle se comporte de façon inverse à l’authentique vitamine C naturelle lévogyre. Ainsi leur qualité et capacité d’utilisation par les cellules ne sont pas les mêmes. Les études montrent que les vitamines de synthèse ne sont pas assimilables de la même façon que les vitamines naturelles car elles n’en sont que de pales et imparfaites copies, notamment en ce qui concerne leur orientation et sens de rotation. Pour simplifier, on pourrait dire que les molécules de synthèse ne tournent pas dans le bon sens devant les récepteurs cellulaires. Dès lors, les quantités de vitamines artificielles ne devraient plus être comparées de la même façon par rapport aux apports journaliers recommandés.
Absorber 10 mg d’une vitamine E de synthèse dont il a été prouvé qu’elle n’est assimilable qu’a 50 % ne peut pas être comparé a l’absorption de 10 mg de cette vitamine E en version naturelle, qui, elle, est bien assimilable a 100 %.
Autre nutriment, autre exemple : la molécule de Proline sous forme naturelle est un reconstituant cellulaire alors que la forme synthétique de Proline d’orientation inverse est un puissant neurotoxique. «Deux clés qui ont la même forme mais simplement avec un dessin inversé comme par effet miroir, n’ouvrent pas la même serrure ». (Cf. Dr Christian Tal Schaller, Ed. Vivez Soleil).

ATTENTION AUX ECHAFAUDAGES CHIMIQUES ENCOMBRANTS
Un nutriment de synthèse a besoin d’un échafaudage chimique pour sa stabilité. Il en résulte que seule une partie du poids du nutriment correspond à la copie de la molécule telle que la nature l’a prévue. Le reste n’est pas assimilable. Une vitamine naturelle est souvent une molécule assez simple. En revanche la copie de cette vitamine sous forme synthétique est un mélange de stéréo-isomeres chimiques dont seul l’un d’entre eux correspond à la vitamine d’origine naturelle.
Or, les récepteurs humains n’ont que faire de cet échafaudage de synthèse qui devient une substance inutile de plus a éliminer. La partie non assimilable de cette structure de synthèse est composée de substances non reconnues par l’organisme, monopolisant le travail des enzymes dépolluantes (P450) du foie qui ont déjà fort à faire avec tous les poisons de pollution alimentaire et environnementale qu’elles doivent déjà gérer. Si sur l’emballage du produit, dans la liste des ingrédients, seule la mention «vitamine ou oligo-élément X» est mentionnée sans qu’il ne soit précisé «d’origine naturelle», c’est qu’il s’agit d’une vitamine ou d’un oligoélément de synthèse.

La dynamique et la mémoire du vivant.
Un nutriment de synthèse n’ est pas animé de l’ énergie ou du «moteur du vivant» car il ne se présente pas au système d’ assimilation humain avec son support vivant d’ origine ni avec ses nécessaires cofacteurs.
Le système de biodisponibilité des nutriments pour l’assimilation chez l’homme passe par une «lecture» de ce qu’il absorbe. Cette lecture décompose et déchiffre (comme un poste frontière) la carte d’identité de l’aliment ou du nutriment apporté : son origine, la transformation et les éventuelles agressions qu’il a subies, la dose de vitalité qu’il apporte. La lecture pour la reconnaissance de cet élément étranger à l’intimité ou au «soi» de 1’homme se fait en référence à notre mémoire cellulaire et en référence à notre système d’histocompatibilité (HLA). La substance apportée est déchiffrée au niveau du noyau cellulaire porteur de l’information génétique de l’aliment. Certaines fractions de l’aliment sont libérées dès le passage dans la bouche et sont assimilées directement dans le sang par voie perlinguale. Il en est ainsi notamment pour les ions oligo-éléments, essences aromatiques. Pour les substances assimilées par voie digestive, notre système de déchiffrage va alors aller chercher dans l’ADN de l’aliment apporté sa compatibilité avec notre capacité d’assimilation en référence à notre propre ADN.
Si cet aliment a par le passé provoqué des réactions négatives ou un choc, soit parce que ce type d’aliment absorbé était systématiquement associé à des polluants, soit parce qu’il a été pris en excès, soit parce qu’il a nui à notre intégrité, il va alors être rejeté avec des manifestations allergiques signant le rejet. Si ce que nous ingérons n’est pas porteur d’ADN (molécule de synthèse), le corps ne sait qu’en faire et en cas de réaction négative, il mémorisera ensuite que cette substance est indésirable et la rejettera ultérieurement.
En Amérique du Nord, quelques années après la grande mode des levures cultivées sur minéraux chimiques, une large partie de la population qui avait consommé ces levures, nourries ou enrichies en sélénite de synthèse, est devenue allergique à toutes formes de levures y compris aux bénéfiques levures Saccharomyces cerevisae. N’ayant nul besoin de ces sélénites de synthèse dans leur processus propre de développement, ces levures ont enregistré dans leur propre ADN la toxicité
qu’elles ont subie en étant alimentées par ces sélénites chimiques qui ne sont pas une source alimentaire naturelle pour elles mais des poisons portant atteinte à leur ADN cellulaire.
Lors de l’étape de l’absorption, chez l’homme, de telles levures enrichies, le système de décodage de l’organisme humain a enregistré en mémoire cellulaire que l’ADN des levures était désormais identifié comme source de dangereux toxiques (alimentant l’ADN poubelle dit ADN «junky») et a envoyé des signaux via le système immunitaire afin de rejeter toute structure vivante proche des levures. C’est ainsi que se développent bien des allergies. Depuis lors, surtout aux Etats-Unis, puis en Europe qui est aussi tombée dans ces manipulations, on a vu fleurir sur tous les emballages de générations suivantes de compléments alimentaires dès les années 90 la mention suivante : «ce produit ne contient pas de levure : no yeast» pour prévenir les allergies. S’ils n’avaient pas ainsi dénaturé ces levures avec de la chimie de synthèse insensée, ce rejet ne se serait pas produit. Pourtant les levures enrichies aux minéraux de synthèse continuent a être proposées, y compris dans certains magasins de produits naturels.
Soyons vigilants et lisons bien les étiquettes des aliments et des compléments alimentaires.

La nature a le plus souvent raison. Chaque fois que nous perdons comme référence ce que la Nature peut nous fournir avec son précieux et subtil équilibre vital, nous nous fourvoyons gravement. Cela met 5 ans, 10 ans, 20 ans pour presque systématiquement découvrir que la Nature avait raison et que les abus des apprentis chimistes responsables mais non coupables, ont généré des pathologies graves dont le bilan s’alourdit de plus en plus avec la flambée des cancers notamment. Trop d’industriels jouent aux apprentis sorciers en proposant des nutriments de synthèse privilégiant certaines réactions enzymatiques dans l’organisme au détriment d’autres et, avec chaque produit de synthèse, nous apportons un peu de non-vie, donc un peu de mort, au lieu d’apporter des nutriments porteurs de dynamique vitale.
Les végétaux élaborent des milliers de molécules qui ont toutes un rôle important dans leurs propres processus de défense et elles participent ensemble aux conditions requises pour leur assimilation chez l’homme. Les plantes ont élaboré des systèmes de protection très performants qui ne se limitent pas à une seule vitamine, voire même à un petit groupe de vitamines. Les composés phytochimiques présents dans les plantes, légumes et fruits réputés protecteurs ont des fonctions de cofacteurs enzymatiques associés aux vitamines, mais ils ont aussi des propriétés anti-bactérienne, anti-fongique, anti-oxydante. Ils permettent aux plantes de survivre dans des conditions hostiles où elles ont élaboré toute une stratégie de défense faisant intervenir de façon complémentaire des composés phytochimiques qu’elles ont élaborés pour se protéger. En isoler quelques vitamines est très réducteur et en diminue la portée d’action, alors que les associer lors de la fabrication de compléments nutritionnels qui en réunissent tous les composants correspond davantage aux besoins nutritionnels de la population.
Une alimentation de base incluant une base significative de végétaux réduit le risque de développement de différentes maladies chroniques. On considère souvent que les anti-oxydants des plantes contribuent à cette protection, mais les résultats des études montent que chaque anti-oxydant, pris de façon isolée, n’apporte pas le même bénéfice général que l’ensemble des nutriments fournis par le végétal source.
Une molécule synthétique d’un minéral ou d’une vitamine n’équivaudra jamais au minéral ou à la vitamine d’une plante, d’une algue, d’un champignon ou d’un fruit ou de leurs extraits.
Si pour certaines personnes, selon le niveau de conscience qu’ils ont de leur capital santé, il leur faut parfois passer par le stade grossier de ce type de molécules, elles se rendent compte des l’étape suivante que le problème, non réglé et momentanément masqué par la prise des molécules de synthèse, surgit à nouveau. Il leur faut alors recourir à une plus authentique voie de soins réellement naturo-hygiénistes et de soutien nutritionnel avec de vrais produits naturels respectant la physiologie.
D’aucuns, ayant généreusement prescrit ces nutriments de synthèse, affirmeront que l’apport de ces vitamines et minéraux de synthèse apportent pourtant des réactions immédiates, signes d’ efficacité. Les produits chimiques à effet iatrogènes aussi… Le temps de doper et de duper l’organisme, l’effet leurre peut fonctionner un certain temps avant que le corps ne se rebelle. Il est certain qu’un excitant génère toujours dans un premier temps une réaction apparemment bénéfique : dynamisme superficiel, accélération de rythme, forte élimination avec «chasse intestinale», mieux-être momentané. Mais que se passe-t-il après la tempête?

Authentique amélioration à long terme ou reproduction accentuée des problèmes ? On peut tout faire dire à des statistiques d’études cliniques conduites chez des sujets observés sur un laps de temps trop restreint ! Les médecins généralistes allopathes peuvent être excusés de leur manque d’analyse critique face aux présentations des études nutritionnelles qui leur sont faites par certaines firmes parce qu’ils n’ont malheureusement reçu, en 7 années d’études, qu’environ 16 heures de formation en nutrition au total. En revanche, les praticiens spécialisés en nutrition et dans l’approche du terrain, voire les naturopathes qui ont fait le choix de défendre les lois naturelles régissant l’équilibre santé, qui se font fort de mieux connaître les mécanismes de la nutrition, ne peuvent continuer ainsi de promouvoir l’artificiel comme ils le font encore trop souvent, y compris dans certaines écoles de naturopathie ou ils recommandent encore des molécules de synthèse, trahissant le concept même de naturopathie.
Alors, praticiens alternatifs, réagissez ! Si vous conseillez pour l’hygiène de vie de vos patients des produits naturels, épluchez les formulations des produits que vous recommandez, vérifiez que les vitamines, oligo-éléments, minéraux, acides aminés et autres nutriments sont apportés dans les compléments alimentaires par d’authentiques ingrédients naturels : fruits, plantes, algues, légumes, extraits ou concentrés naturellement et que ces nutriments ne sont pas listés isolément dans la liste des ingrédients tels que : tocophérols, acide ascorbique, aspartates, bitartrates, gluconates, sulfates, thiosulfates et autres nutriments de synthèse. Médecins, diététiciens, consultez le dictionnaire Vidal aux pages Saumon (Diététique) ou demandez aux laboratoires les emballages des produits sur lesquels les listes d’ingrédients sont obligatoirement mentionnées afin de savoir de quoi sont précisément composés ces produits avant de les conseiller.
Les vitamines.
Une plante ou un fruit aura toujours « l’intelligence» de ne pas apporter une vitamine (ou un autre nutriment) seule, isolée, mais entourée de son contexte et des molécules naturelles voisines qui synergisent son action. Le corps établit une discrimination entre les deux formes de vitamines naturelles ou synthétiques. Il favorise la fixation et l’utilisation des vitamines naturelles et choisit d’éliminer la forme synthétique.
Pour une fonction vitaminique A, complétez par un apport d’extraits d’algues riches en plusieurs carotènes naturels3 (à condition que ne lui soient pas associés des compléments chimiques) qui sont les précurseurs de cette vitamine. Pour les vitamines du groupe B, germe de blé et levures sans additifs demeurent les meilleures sources assimilables. Pour la vitamine C, associez en complément des extraits de cassis ou d’acérola mais à la condition qu’ils soient non enrichis en acide ascorbique. Il faut savoir que l’extrait naturel d’acérola ou de cassis le plus concentré et non supplémenté en acide ascorbique ne peut pas apporter à lui seul des teneurs que l’on observe dans certains produits dits à l’acérola qui indiquent 250, 300 ou 500 mg, voire 1 000 mg de vitamine C pour un comprimé moyen. De nombreux produits à l’acérola qui affichent de telles quantités de vitamine C, complètent en fait la teneur naturelle du fruit en ajoutant de la vitamine C artificielle sous forme d’acide ascorbique pour afficher une teneur plus élevée. Surenchère inutile quand les apports journaliers recommandés officiels sont de l’ordre de 60 mg et suffisent tout a fait, contrairement à ce qu’avancent les promoteurs de la pétrochimie. En revanche, quelques fabricants très éthiques refusent de compléter leur acérola avec de l’acide ascorbique de synthèse. Notre corps nous renseigne bien souvent très vite si cet acérola contient ou non de la vitamine C de synthèse ajoutée dans l’extrait. La forme synthétique entraine en effet souvent des réactions digestives désagréables. Préférez donc les produits apportant des teneurs proches des apports journaliers recommandés de l’ordre de 50 mg a120 mg de vitamine C apportés par les extraits de fruits sans acide ascorbique ajouté.
Pour la fonction vitaminique D, l’apport d’huile de poisson stabilisée par des anti-oxydants végétaux naturels comme ceux de l’huile de germe de blé, ou par d’autres anti-oxydants végétaux, peut être recommandé pour l’entretien du capital osseux.
Pour une vitamine E, veillez à ce que dans la liste des ingrédients, elle soit indiquée comme vitamine E d’origine naturelle ou comme extraite de l’huile de germe de blé ou d’une autre huile végétale.
Pour la fonction vitaminique F, la combinaison d’acides gras tels que ceux fournis par la bourrache, le tournesol et d’autres huiles végétales de première pression à froid de graines sauvages ou bio, est la plus indiquée.

Les oligo-éléments et les minéraux.
Il a été prouvé que seules les fractions ioniques libres infiniment petites des oligo-éléments pouvaient pénétrer dans les récepteurs cellulaires spécifiques par échange d’ions négatifs qui cherchent à sortir de la cellule. La taille de ces ions positifs libres est adaptée à la petite dimension des récepteurs cellulaires qui leur est réservée. A la lumière de ces récents travaux, aucune molécule lourde de synthèse ne semble en fait pouvoir passer par ces récepteurs sans que cela ne nuise à la membrane cellulaire. Les seIs de synthèse, si souvent proposés, y deviennent alors des substances de charge indésirables éliminées (chasse
intestinale) ou stockées dans les graisses s’ils sont apportés en excès, pouvant générer des accumulations et des cristallisations génératrices d’inflammations. C’est pourquoi la capacité d’assimilation cellulaire des seIs minéraux lourds de synthèse est aujourd’hui de plus en plus remise en cause.
En ce qui concerne le magnésium, les aliments qui en sont les plus riches dans sa forme assimilable sont la poudre ou les extraits de fèves de cacao (à ne pas confondre avec les poudres de boissons chocolatées hypersucrées qui en contiennent assez peu), les germes de blé et de maïs et les amandes, sans oublier les algues marines.
Il en est ainsi pour la plupart des minéraux. Le sélénium sera fourni par l’ail frais ou en extraits, le chrome par le maté, le cuivre par l’aubépine, le lithium par les betteraves rouges, le soufre par le radis noir, le fluor par des extraits de pissenlit, etc.

LE CAS DU CALCIUM
• Le calcium issu du lait de vache.
Comment expliquer qu’au pays du fromage nous ayons autant de cas d’ostéoporose précoce alors que des pays qui consomment moins de laitages en présentent de moins nombreux cas ?
Comment expliquer la fréquence de déminéralisation ou de non fixation du calcium et d’autres minéraux malgré les prescriptions massives et durables de carbonates, gluconates, sulfates et autres seIs synthétiques ?
En fait, ces formes de calcium ne sont pas ce dont notre organisme a besoin. Lorsque les industries laitieres diffusent leur propagande laissant penser que le lait serait la plus forte source de calcium, elles omettent de dire que bien des fruits secs sont beaucoup plus riches en calcium et en autres minéraux assimilables que ne le sont les laitages. Les figues et les amandes ou les orties présentent des teneurs en calcium 1,5 à 2 fois plus élevées que celle du lait ! Mais si une vache élevée en de larges espaces verts est capable de produire du lait contenant du calcium, on oublie aussi de préciser qu’ elle l’élabore à partir de sa seule alimentation végétale qui lui fournit des ions oligo-éléments calcium pour cela. Il ne faut jamais oublier que les minéraux et oligo-éléments provenant des végétaux constituent d’excelIentes sources assimilables à privilégier au quotidien et en supplémentation lorsque cela est nécessaire.

• Le calcium de synthèse.
Diverses études ont montré par ailIeurs que les carbonates de calcium qui sont souvent encore administrés pour la croissance ou pour prévenir l’ostéoporose ne sont pas correctement assimilables. Il est même fréquent d’observer des overdoses de tels calciums de synthèse avec les intenses fatigues qui les accompagnent chez des sujets qui paradoxalement ne parviennent pas a fixer ces formes de calcium. La structure de ce calcium de synthèse ne lui permet pas d’être correctement assimilé au niveau des récepteurs celIulaires. Ne se fixant pas la où le corps en a besoin, il peut encrasser l’organisme en se déposant à la surface des tissus, contribuant parfois même à la calcification et donc au durcissement des artères ! Phénomène qui ne se produit pas avec les calciums d’origine végétale, sous forme ionique, dont la dimension correspond davantage à la tailIe des récepteurs celIulaires.

• Le calcium réellement assimilable.
Pour convenablement assimiler le calcium il convient de plus d’apporter des acides gras polyinsaturés oméga 3, 6, 9 associés à des enzymes de plantes ou d’algues qui participent comme précurseurs à la fabrication naturelIe de progestérone, déterminante dans la fixation du calcium alimentaire. C’est sans doute une des raisons pour lesquelIes les populations des pays qui consomment beaucoup de poissons crus riches en de tels acides gras ainsi que des algues et autres végétaux mais beaucoup moins de laitages que les Français, présentent moins de cas d’ ostéoporose.

Les protéines/acides aminés.
La règle fondamentale à adopter est de ne jamais apporter un ou deux acides aminés isolés comme cela a été trop souvent proposé. L’assimilation des acides aminés est liée à ce que l’on appelIe le facteur limitant. Les acides aminés ne peuvent être assimilés qu’à la condition qu’ils se présentent en association dans un profil bien précis d’acides aminés apportés ensemble simultanément (aminogramme). Apporter un seul acide aminé de fa~on isolée ne sert arien si l’on n’apporte pas en même temps la juste proportion des autres acides aminés pour que chacun d’entre eux soit assimilé par l’organisme. Si un seul acide aminé est apporté en force mais que tous les autres ne sont pas apportés proportionneIlement, l’assimilation ne se fait pas. L’excès d’apport d’un acide
aminé isolé peut entraîner une perturbation de la synthèse des protéines par le foie et peut générer une toxicité hépatique. Les acides aminés, en combinaison avec les minéraux et autres nutriments, sont apportés de façon équilibrée dans les extraits d’algues, d’huîtres, de champignons, le polIen. Pour les autres sources comme les céréales, il faut leur associer des légumineuses pour compléter les acides aminés et rendre l’ ensemble assimilable.

Les lipides.
Un large chapitre devrait être consacré à l’assimilation des lipides. Il est
aujourd’hui bien connu que notre alimentation est trop riche en certaines graisses saturées, notamment d’origine animale, alors que nous apportons insuffisamment d’acides gras polyinsaturés à longues chaînes. Et même la grande mode médiatique des oméga 3 vantés dans tant de produits (notamment les margarines industrielles) sont assez peu assimilables car il s’agit le plus souvent d’oméga 3 végétaux à courtes chaînes, qui ne sont pas vraiment ceux dont le corps humain manque le plus aujourd’hui. Or si le foie ne présente pas une dynamique enzymatique suffisante (delta 6 désaturase, etc.), le corps ne pourra pas assimiler cette avalanche d’oméga 3 à courtes chaînes. Nous devrions donc davantage absorber des oméga 3 à longues chaînes et de façon équilibrée, comme les EPA et les DHA ( apportés par les huiles de poissons sauvages), que l’organisme pourra mieux utiliser, et sans privilégier davantage 1’un que l’autre. Pour bien assimiler toutes ces graisses à chaînes longues si nécessaires pour notre équilibre circulatoire, immunitaire et hormonal, il convient aussi de leur associer des extraits de plantes riches en enzymes et des oligo-éléments végétaux qui permettent de bien les transformer au niveau du foie.

Les sucres.
Derrière un excès de sucres raffinés, principalement du glucose qui envahit tant de produits alimentaires, on oublie trop souvent en revanche le rôle fondamental et la déficience des sucres a longues chaînes que sont les polysaccharides qui manquent cruellement à l’alimentation occidentale, alors qu’ils constituent les briques essentielles au bon fonctionnement de notre système immunitaire. Les polysaccharides se trouvent principalement dans les aliments riches en fibres et ceux qui ont fait l’objet du plus grand nombre d’études pour leur intérêt dans les défenses naturelles sont les polysaccharides des champignons tels que le shiitaké. Leur assimilation est excellente lorsqu’ils sont absorbés sous forme d’extraits car de simples jus ou broyats de ces champignons ne permettent pas de libérer les polysaccharides qui restent prisonniers des fibres non assimilables.
Pour être assimilés par l’organisme, tous ces nutriments ont la plupart du temps besoin d’autres cofacteurs nutritionnels qui sont généralement associés dans la plante ou ces nutriments ont été identifiés (polyphénols, flavones, carotènes).
Ainsi, les extraits totaux de plantes permettent d’apporter l’ensemble de ces molécules facilitant l’assimilation ces nutriments principaux précédemment passés en revue.

Quantité vs qualité.
La quantité de calories de nos aliments raffinés a trop longtemps caché une pauvreté de leur densité nutritionnelle en précieux micronutriments et un grand manque de qualité des nutriments fournis. C’est la variété et la qualité des aliments et des différents compléments alimentaires naturels choisis et associés qui peut amener le bon équilibre nutritionnel général tant recherché.
Soyons donc vigilants aux produits que nous absorbons pour entretenir une bonne assimilation nutritionnelle et pour optimiser notre capital santé en harmonie avec la Nature.

Ghislaine Gerber.
Conférenciere et Formatrice en phytonutrition participe depuis plus de vingt cinq ans à de nombreuses recherches en nutrition dans une vingtaine de pays.
Contact avec l’auteur : ghislaine.gerber@wanadoo.fr
1. Burton, Traber, Acuff, Walters, Kayden, Hughes and Ingold Human Plasma and Tissue AlphaTocopherol Concentrations in Response to Supplementation with Natural and Synthetic Vitamin E. Am. 1. Clin. Nutr. L’Académie Nationale de Science aux USA a reconnu que la Vitamine E naturelle est deux fois plus puissante et fixée deux fois mieux que la version synthétique.
2. Capture préférentielle de la vitamine E naturelle par le placenta. AcuffRV et al. Am. 1. Clin. Nutr. 1998 ; 67 : 459-64. La supplémentation était constituée d’un mélange de vitamine E d’origine naturelle / vitamine E synthétique, Résultats : le rapport moyen vitamine E d’origine naturelle / vitamine E synthétique était de 1,86 dans le sang matemel, 3,42 dans le cordon ombilical al’ accouchement.
3. Activité antioxydante des caroténoldes naturels de l’algue Dunaliella salina comparée aux carotenes de synthèse. Murthy KN, Vanitha A, Rajesha J, Swamy MM, Sowmya PR, Ravishankar GA. Life Sci 2005 Feb 4,76 (12) 1381 – 90 Epub 2005 Jan 18 Plant Cell Biotechnology Department, Central Food Technological Research Institute, Mysore 570 020, India. Les résultats démontrent c1airement l’ effet bénéfique des caroténoldes d’algue précurseurs de la vitamine A comparativement au carotene synthétique.

 

A Potential Role of the Curry Spice Curcumin in Alzheimer’s Disease

There is substantial in-vitro data indicating that curcumin has antioxidant, anti-inflammatory, and anti-amyloid activity. In addition, studies in animal models of Alzheimer’s disease (AD) indicate a direct effect of curcumin in decreasing the amyloid pathology of AD. As the widespread use of curcumin as a food additive and relatively small short-term studies in humans suggest safety, curcumin is a promising agent in the treatment and/or prevention of AD.

Nonetheless, important information regarding curcumin bioavailability, safety and tolerability, particularly in an elderly population is lacking. We are therefore performing a study of curcumin in patients with AD to gather this information in addition to data on the effect of curcumin on biomarkers of AD pathology.

lien Pub Med:Etude complète

John M. Ringman,1* Sally A. Frautschy,2 Gregory M. Cole,2 Donna L. Masterman,3 and Jeffrey L. Cummings1,4
1 University of California, Los Angeles, Dept. of Neurology, Alzheimer’s Disease Research Center, Los Angeles, CA,
2 University of California, Los Angeles, Dept. of Medicine and the Greater Los Angeles VA Healthcare System, Geriatric Research, Education, and Clinical Center, Sepulveda, CA,
3 Amgen, Inc., Thousand Oaks, CA,
4 University of California, Los Angeles, Dept. of Psychiatry and Biobehavioral Sciences, Los Angeles, CA, USA
*Address correspondence to this author at the UCLA Dept. of Neurology, Alzheimer’s Disease Research Center, 710 Westwood Plaza, Suite 2-238, Los Angeles, CA 90095-1769, USA; Tel: (310)-206-2867; Fax: (310)-206-5287; Email: jringman@mednet.ucla.edu

Activités anti inflammatoires chémopréventives de la curcumine et autres phytocomposés (resvératrol et gingérol) dans les cellules de la prostate.

Comme l’inflammation apparaît comme un facteur de risque dans le cancer de la prostate (PCa), il existe un potentiel dans la chémoprevention par des substances anti-inflammatoires. Des phytocomposés diététiques ont montré des propriétés chémopréventives qui pourraient inclure des propriétés anti-inflammatoires.

Dans cette étude, nous avons démontré le rôle des protéines kinases (MKP5) dans les activités anti inflammatoires des phytocomposés curcumine (curcuma), resveratrol (raisin) et [6]-gingerol (gingembre). La Curcumine, phytocomposé de l’épice curcuma a régulé positivement la protéine kinase MKP5, a diminué de façon significative les réactions pro inflammatoires induites par la protéine p38 dans les cellules épithéliales prostatiques normales. Le Resveratrol et le [6]-Gingerol, phytocomposés présents respectivement dans le vin rouge et dans le gingembre ont aussi régulé de façon positive la MKP5 dans les cellules épithéliales prostatiques normales. De plus, nous avons trouvé que les cultures cellulaires tumorales PCa DU 145, PC-3, LNCaP et LAPC-4 ont permis de maintenir la capacité de réguler positivement les MKP5 suite à l’administration de curcumine, resveratrol et [6]-gingerol, suggérant l’utilité de ces phytocomposés dans le traitement du cancer de la prostate PCa. En résumé, nous avons montré l’activité anti inflammatoire directe des MKP5 dans les cellules de la prostate et suggéré que la régulation positive des MKP5 par les phytocomposés étudiés pourrait contribuer à leur action chémopréventive en diminuant l’inflammation prostatique.

Nonn L, Duong D, Peehl DM.Department of Urology, Stanford University, Stanford, CA 94305-5118, USA. Carcinogenesis. 2007 Jun;28(6):1188-96. Epub 2006 Dec

Effets à long terme des pesticides sur le système nerveux central

Docteur Iban SANGLA, Neurologue, Marignane, France

Seront abordés dans cet exposé trois types d’atteinte cérébrale ayant fait l’objet d’études épidémiologiques et physiopathologiques sur le rapport avec une exposition chronique aux pesticides (appelés maintenant produits phytosanitaires) : d’une part la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer, pathologies chroniques dégénératives (mort cellulaire cérébrale ciblée sur des structures définies), d’autre part les tumeurs intracérébrales primitives qui rentrent dans la catégorie des « cancers ».
Une analyse et le résumé des études réalisées dans ces 3 grands cadres nosologiques sont proposés.

MALADIE DE PARKINSON ET EXPOSITION AUX PESTICIDES
La maladie de Parkinson est une maladie fréquente dont l’incidence (nombre de nouveaux cas par an) est de 10 à 15/100.000. L’incidence augmente avec l’âge. Sa prévalence (nombre de personnes touchées à un instant T) est estimée entre 100 et 200/100.000. La maladie de Parkinson est 1.5 fois plus fréquente chez l’homme, avec une moyenne d’âge de début de 63 ans. Il n’y a pas de traitement curatif, mais uniquement des traitements symptomatiques. L’origine en est inconnue, mais une implication multifactorielle est retenue : géntique et environnementale.

L’implication génétique est attestée par la description de familles présentant des cas de maladie de Parkinson sur plusieurs générations ou dans la fratrie, avec une héredité dominante ou récessive. Les études génétiques réalisées sur de larges familles ont permis à ce jour la localisation de dix loci, et la description de différentes mutations dans 6 gènes.

Quelle relation peut-on faire entre l’utilisation de toxiques et l’émergence d’une maladie de Parkinson ? Au début des années 80, il est constaté l’apparition sub- aiguë de syndromes Parkinsoniens chez des toxicomanes à Santa Clara, en Californie, lors de l’utilisation d’un opioïde de synthèse, le MPPP. Un agent contaminant, le MPTP (1-methyl-4-phenyl-1,2,3,6-tetrahydropyridine), analgésique découvert en 1947, a été isolé comme étant à l’origine de l’émergence de cette symptomatologie. Ce modèle de maladie de Parkinson liée à un toxique a fait l’objet de multiples études chez le singe. Celles-ci ont montré l’existence d’un effet délétère sélectif du dérivé du MPTP, le MPP+, sur les neurones dopaminergiques, par inhibition du complexe I mitochondrial. Ceci entraîne la mort neuronale par déficit énergétique. L’intérêt du MPTP est d’avoir un dérivé (Cyperquat) proche de 2 herbicides largement utilisés, le Paraquat et le Diquat. D’autre part, l’effet d’un insecticide, la roténone, a été étudié plus récemment chez le rat.

Par ailleurs, la Roténone, insecticide largement utilisé, en agissant également sur le complexe I mitochondrial, entraîne chez l’animal un syndrome Parkinsonien, par le biais d’une dégénérescence des neurones dopaminergiques de la substance noire.
Analyse de 2 études rétrospectives sur la relation entre maladie de Parkinson et exposition chronique aux pesticides.

1 – Ascherio et al., 2006 : étude de cohorte sur le lien entre maladie de Parkinson et pesticides.

143.325 personnes du registre du Cancer Prevention Study II Nutrition Cohort (surveillance depuis 1982). Cas de maladie de Parkinson enregistrés entre 1992 et 2001 sur un total de 6.864 personnes exposés aux pesticides. Questionnaire écrit consignant le type et la durée d’exposition, le type de travail. Population étudiée : 840 Parkinsoniens, 588 confirmés par un neurologue, 413 cas retenus, avec début de la maladie après 1992.

Résultat : risque relatif de maladie de Parkinson suite à une exposition à 1.7, 10 à 20 ans après l’exposition aux pesticides.
2- Frigerio et al., 2006 : étude épidémiologique à Rochester, Minnesota, USA.

Questionnaire téléphonique. Complément d’interrogatoire si des travaux à la ferme ont été effectués pendant plus de 5 ans. Cohorte de sujets ayant présentés une maladie de Parkinson entre 1976 et 1995. Population étudiée : 149 patients et 129 témoins.

Résultat : risque relatif de 2.5, uniquement chez l’homme. Problème : pas de pesticide particulier identifié.
Facteurs intriqués non déterminés dans l’émergence d’une maladie de Parkinson :

1- L‘influence de la susceptibilité génétique individuelle reste inconnue (10 à 15% de formes familiales) : influence des cytochromes qui métabolisent les toxiques environnementaux.

2- D’autres facteurs environnementaux non identifiés associés aux pesticides et potentialisant leurs effets peuvent intervenir.

3- Problème de l’interférence avec l’exposition professionnelle aux métaux lourds (plomb, zinc, mercure, manganèse, fer, cuivre) disséminés dans l’environnement.

MALADIE D’ALZHEIMER ET EXPOSITION AUX PESTICIDES
La maladie d’Alzheimer est une maladie fréquente : sur une étude réalisée en 1999 en France chez les sujets de plus de 65 ans, sa prévalence était de 4,4% (656.000 personnes), avec une incidence de la maladie de 165.000 nouveaux cas par an. De début souvent insidieux, avec une longue durée d’évolution (8 ans en moyenne). Facteurs de risque pour la maladie : âge, sexe, niveau d’étude faible, facteurs de risque vasculaire (HTA, diabète, tabac…), antécédent de traumatisme crânien, antécédent de dépression.
Une incidence génétique a aussi été retrouvée. Dans ces cas familiaux, il a été mis en évidence une élévation du risque en cas d’homozygotie pour l’apoprotéine 4. Il faut toutefois signaler qu’il existe d’autres syndromes démentiels qui ne sont pas des maladies d’Alzheimer. Dans 30% des cas l’origine est une démence vasculaire, une démence fronto-temporale, une démence à corps de LEWY ou encore d’autres étiologies. D’où la nécessité d’une évaluation précise de la maladie par un expert en neurologie afin de valider la qualité des études.

Analyse de 2 études Française sur la relation maladie d’Alzheimer/pesticides :
1- Etude PAQUID : suivi sur 10 ans d’une cohorte de 3.777 personnes âgées de plus de 65 ans. Inclusion en 1987 sur 2 départements, la Gironde et la Dordogne. 1.507 personnes entre 1992 et 1998 Questionnaire sur l’exposition aux pesticides lors de la consultation de suivi à 5 ans. Complément par des tests neuropsychométriques : MMSE, échelle de dépression. En cas d’anomalies sur ces tests : évaluation systématique réalisée par un neurologue. Résultats : performances au MMSE liées à l’âge, au niveau d’étude et à l’existence d’un syndrome dépressif. Sur la cohorte retenue, 320 sujets exposés aux pesticides. Durée d’exposition disponible chez 228 personnes, avec une médiane de 28 ans. Cas dépistés entre 5 et 10 ans de suivi : – 96 cas de maladie d’Alzheimer : 26 cas chez les personnes exposées, 70 chez les non exposées : risque relatif 2.9, uniquement chez l’homme. – 24 cas de maladie de Parkinson : 8 chez les exposés, 16 chez les non exposés : risque relatif 5.6, uniquement chez l’homme 2- Etude PHYTONER : étude rétrospective, entre février 1997 et août 1998. Agriculteurs affiliés à la MSA de la Gironde. Performances cognitives évaluées par de multiples tests : MMSE, Benton, Wechsler, TMT, Stroop, FTT. 2 groupes ont été retenus : 679 viticulteurs (travail > 1000 heures/an plus de 20 ans) – 238 travailleurs non exposés. La durée moyenne d’exposition était de 22 ans, avec 99% d’hommes. Résultat : risque relatif :

3.5 si exposition
NEOPLASIES CEREBRALES ET EXPOSITION AUX PESTICIDES
Il existe de nombreuses classes de tumeurs intracérébrales primitives, c’est-à-dire non métastatiques. Cette classification est réalisée à partir de l’étude anatomo-pathologique, après prélèvement cérébral neurochirurgical en condition stéréotaxique sur la zone suspecte. La plus fréquente de ces tumeurs est le méningiome, plus fréquent chez la femme est le plus souvent une tumeur bénigne, avec toutefois possibilité d’être multiples et récidivantes après chirurgie. Il représente environ ¼ des cas. Viennent ensuite les tumeurs gliales, qui représentent environ 20% du total, et qui sont des tumeurs malignes. Le glioblastome, tumeur hautement maligne, en fait partie, avec une incidence comprise entre 2.8 et 4.7/100.000, et un risque 2 fois plus élevé entre 40 et 70 ans. L’incidence globale des tumeurs primitives du SNC se situe entre 10 et 20/100.000/an. Il est noté une augmentation du nombre de cas de 1 à 3% par an.

1.Dans une étude menée aux Etats-Unis à partir de 11 registres régionaux entre 1990 et 1994, il a été trouvé une incidence de 11.47 nouveaux cas pour 100.000 habitants par an. Cette incidence augmente avec l’âge. Il existe un pic de fréquence à 5 ans et entre 65 et 74 ans. 10% avant 10 ans, avec augmentation de l’incidence de 35% entre 1972 et 1999

2.Etude CEREPHY : étude épidémiologique entre mai 99 et avril 2001 en Gironde. Adultes de plus de 16 ans : 221 patients, 422 témoins, moyenne d’âge 57 ans, 57% de femmes. Expositions aux pesticides : 79 patients, 153 contrôles. Durée d’exposition : > 7 ans 50% des cas, > 20 ans dans 25% des cas. Le résultat global était non significatif : risque relatif 1.47. Mais si l’on prend un sous-groupe de personnes exposées à de fortes doses, le risque relatif devient significatif à 2.16, et surtout pour les gliomes : 3.21.
Pour les sujets traitant les plantes d’intérieur : risque relatif pour les gliomes à 2.57, résultat également significatif. Il n’existe en revanche pas de lien avec la durée d’exposition. Un complément d’étude est prévu : étude CERENAT, sur une population attendue de 500 patients et de 1000 témoins, sur 4 départements.3.Exposition aux pesticides et herbicides et risque de tumeur cérébrale (Samanic et al, 2008) : étude sur 3 hôpitaux aux USA, entre 1994 et 1998. Population étudiée : 462 personnes présentant un gliome, 195 présentant un méningiome, et 765 contrôles (patients admis dans les mêmes hôpitaux pour des raisons autres qu’une tumeur). Résultats : risque relatif pour les méningiomes chez les exposés aux pesticides à

2.4, uniquement chez les femmes. Pas d’association significative avec les gliomes.
4.Etude en cours : AGRICAN : enquête de cohorte, avec coordination entre plusieurs structures : Mutuelle Sociale Agricole, Registres des Cancers, Groupe Régional d’Etude sur le Cancer, Laboratoire Santé Travail Environnement. AGRICAN a pour but d’étudier les rapports entre les activités agricoles et les problèmes de santé, dont les cancers. Elle concerne 700.000 agriculteurs, salariés, exploitants, actifs, retraités, sur 12 départements. Des questionnaires individuels ont été envoyés fin 2005/début 2006, pour recueillir des données générales, l’état de santé actuel, les habitudes de vie, les activités agricoles exercées, actuelles et passées. Les résultats sont prévus en 2009.

Pierre Souvet

BIBLIOGRAPHIE

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Frigerio R. et al. Brain tumours and exposure to pesticides: a case-control study in southwestern France. Occup Environ Med. 2007 Aug;64(8):509-14. Epub 2007 May 30.

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Hildebrand J. Tumeurs cérébrale. Du diagnostic au traitement. Masson ed. 2004. Philippon J.

Des choux, des carottes et des pêches… pour réduire, peut-être, le risque de glaucome

Un nombre croissant d’études s’intéresse aux relations entre alimentation et développement des atteintes oculaires source de cécité. Le rôle des facteurs nutritionnels dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) par exemple, est mis en avant dans certains travaux, non retrouvé de façon homogène, et souvent source de controverse. C’est dans ce contexte que des auteurs américains et grecs publient les résultats d’une étude visant à préciser les relations entre risque de glaucome et consommation de fruits et légumes spécifiques chez les femmes âgées.

Cette étude multicentrique a inclus 1.155 femmes participant à la Study of Osteoporotic Fractures (SOF), mise en place entre 1986 et 1988 et qui ont bénéficié à l’occasion du bilan des 10 ans de suivi, d’un examen ophtalmologique.
La consommation habituelle de fruits et légumes au cours de l’année écoulée, a été évaluée par questionnaires, en portant une attention particulière à la consommation d’épinards crus ou cuits, de salades vertes, de jus d’orange, de pêches séchées ou en conserves, de pommes fraîches, de bananes, d’oranges, de chou, de carottes, puisque un lien avait été suggéré par certaines études entre ces aliments et les affections oculaires.

Des ajustements ont été effectués sur de nombreux facteurs potentiels de confusion, parmi lesquels : l’âge, le centre d’étude, le niveau d’éducation, le tabagisme, la consommation d’alcool, l’ethnie, l’indice de masse corporelle, la pratique de la marche comme exercice physique, l’auto-évaluation de l’état de santé, l’existence auto-rapportée d’un diabète, d’une HTA, d’une DMLA.

Dans cette population féminine, âgée de 79,4 ans en moyenne (67-97 ans), dont 95,3 % étaient non fumeuses au moment de l’étude et 6,2 % signalaient avoir un diabète, la prévalence globale du glaucome était de 8,2 %. Cette prévalence s’élevait avec l’âge, passant de 6 % chez les 65-74 ans (n = 84) à 30 % chez les 80-84 ans (n = 348).
L’analyse des résultats donne, chez les femmes consommant au moins une fois par mois du chou vert, un odds ratio (OR) pour le glaucome de 0,31 (IC à 95 % 0,11-0,91) en comparaison de celles en consommant à une fréquence moindre, chez les femmes ayant une consommation au moins bihebdomadaire de carottes fraîches un OR de 0,36 (IC à 95 % 0,17-0,77) en comparaison de celles en consommant moins d’une fois par semaine, et chez les femmes consommant au moins une fois par semaine des pêches séchées ou en conserve un OR de 0,53 (IC à 95 % 0,29-0,97) en comparaison de celles en consommant moins d’une fois par mois.

Cette étude, menée sur population de plus de 1 100 femmes âgées, suggère une relation, jusque-là peu évoquée, entre consommation accrue de certains fruits et légumes et risque de glaucome. Elle associe consommation de chou vert, de carottes fraîches et de pêches séchées ou en conserve, à une réduction du risque de glaucome, respectivement de 69 %, 64 % et 47 %. Mais ces résultats, non nécessairement extrapolables à une population masculine ou plus jeune, et qui pourraient être liés à l’effet confondant de facteurs associés à un mode de vie plus sain autres que la consommation de fruits et légumes, doivent être interprétés avec prudence et méritent sans doute des études complémentaires.

Dr Claudine Goldgewicht

Coleman AL et coll.: Glaucoma risk and the consumption of fruits and vegetables among older women in the Study of Osteoporotic Fractures. Am J Ophtalmol, Publication avancée en ligne, 27 février 2008.

Lien

Moins de force musculaire lorsque le taux de vitamine D est bas ?

Dr Laurence Du Pasquie

Le rôle de la vitamine D dans l’absorption du calcium, le développement du squelette et sa minéralisation n’est plus à démontrer. Alors que le déficit en vitamine D connaît une recrudescence dans les pays européens, des études mettent en évidence des conséquences plus larges de la carence en vitamine D, dépassant le traditionnel impact osseux.

Ce travail avait pour objectif d’analyser l’association entre le taux plasmatique de 25 (OH)D et les force et puissance musculaires à l’adolescence. Il s’agissait d’une étude transversale réalisée en population générale dans le cadre d’un établissement scolaire. Le recrutement a concerné 99 filles âgées de 12 à 14 ans, en post ménarche, ne présentant aucun signe ou symptôme particulier susceptible d’évoquer une carence en vitamine D. La contractilité musculaire a été étudiée par l’analyse de la force et de la puissance du saut (jumping mechanography). Les muscles proximaux mis en jeu pour le saut sont ceux qui sont le plus affectés par la carence en vitamine D chez les personnes âgées. Dans ce groupe de jeunes filles, la valeur médiane du taux plasmique de vitamine D était de 21,3 mmol/l (2,5 à 88,5) et 75 % des filles avaient un taux faible de vitamine D. Le taux de PTH médian était de 3,7 pmol/l.

Après prise en compte de la stature, on retrouvait une corrélation positive entre les taux de vitamine D et :
• la vitesse du saut (p = 0,002)
• la hauteur du saut (p = 0,005)
• la puissance musculaire (p = 0,003)
• l’index de Fitness (p = 0,003)
• la force musculaire (p = 0,05)

Il existait également une corrélation négative entre la vitesse du saut et le taux de PTH (p = 0,04).

Ces résultats suggèrent que la contractilité musculaire peut être affectée par le statut en vitamine D chez des adolescentes asymptomatiques par ailleurs.

Cependant une relation causale ne peut être affirmée par cette étude transversale.
Cette étude retrouve une association entre la fonction musculaire et les taux de vitamine D à l’adolescence : la force et la puissance musculaire sont d’autant plus faibles que le taux de vitamine D est bas.

Lien pour l’étude.

Ward KA et coll : Vitamin D status and muscle function in post-menarchal adolescent girls. J Clin Endocrinol Metab 2009 ; 94 :559-563.
® JIM 2008

Prévention et traitement du cancer du pancréas par la curcumine en association avec des Omega 3 d’huile de poisson

Des cellules pancréatiques cancéreuses ont été exposées à de la curcumine, à l’Omega 3 DHA d’huile de poissons et à des associations réunissant ces deux composés et ont été analysées la prolifération et l’apoptose cellulaire.

Un effet synergique a été observé sur l’induction de l’apoptose (environ 6 fois) et sur l’inhibition de la prolifération (environ + 70 %) lorsque les cellules étaient traitées de façon associée avec de la curcumine et avec de l’huile de poisson titrée en DHA. Les souris qui étaient nourries avec l’huile de poissons ont montré une réduction de 25 % du volume de la tumeur, celles nourries avec de la curcumine ont montré une réduction de 43 % du volume tumoral et le groupe recevant l’huile de poissons en même temps que la curcumine ont vu une réduction du volume de la tumeur de 72 %. L’expression et l’activité de l’oxyde nitrique synthase induite (iNOS), de la cyclooxygénase COX-2, et de la lipooxygenase 5-LOX sont négativement régulées, et la protéine p21 médiatrice de l’arrêt du cycle cellulaire est régulée positivement dans les cellules tumorales du groupe recevant le traitement simultané d’huile de poissons et de curcumine comparativement aux groupes recevant les supplémentations isolées en l’une ou l’autre de ces substances. Ces résultats démontrent pour la première fois que la prise de curcumine associée à la prise d’Omega 3 de poissons présente des propriétés synergiques dans l’inhibition des tumeurs du pancréas.

Swamy MV, Citineni B, Patlolla JM, Mohammed A, Zhang Y, Rao CV. Department of Medicine, Hem-Onc Section, University of Oklahoma Health Sciences Center, Oklahoma City, Oklahoma, USA. Nutr Cancer. 2008;60 Suppl 1:81-9.