Du Ginkgo biloba contre l’anxiété

Par Marie Déniel. D’après J Psychiatr Research, septembre 2007.

Déjà reconnue pour ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer ainsi que pour atténuer le déclin de la mémoire et des fonctions cognitives, le ginkgo biloba aurait des effets anxiolytiques.

Les chercheurs ont mené un essai clinique auprès de 107 patients souffrant d’anxiété et dont l’âge variait de 18 ans à 70 ans. Aucun d’entre eux ne souffrait de déclin cognitif ou de démence. Durant quatre semaines, les sujets prenaient soit une dose quotidienne de 480 mg d’extrait de ginkgo, soit une dose de 240 mg du même extrait soit un placebo.

Selon les résultats, les deux dosages de ginkgo ont eu pour effet de diminuer l’anxiété des sujets comparativement au placebo. L’ampleur de l’effet anxiolytique de l’extrait de ginkgo serait comparable à celui obtenu dans des essais similaires menés avec des anxiolytiques classiques comme l’oxazépam et le bromazépam.

Les sujets qui prenaient de l’extrait de ginkgo ont vu baisser sensiblement leur tension artérielle tandis que cet effet n’a pas été observé chez les patients qui prenaient le placebo, rapportent également les auteurs de l’étude.

Le ginko biloba, qui ne cause pas de dépendance et qui ne nuit pas aux fonctions cognitives, pourrait constituer une solution de rechange aux médicaments de synthèse pour les personnes, jeunes et moins jeunes, qui souffrent d’anxiété, concluent les chercheurs.

Référence : Woelk H, Arnoldt KH, et al. Ginkgo biloba special extract EGb 761 in generalized anxiety disorder and adjustment disorder with anxious mood: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. J Psychiatr Research. 41(6):472-80, septembre 2007.

L’épaisseur de la matière grise : un témoin précoce de la maladie d’Alzheimer

Elaborer un outil utilisable par le clinicien pour le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer est un défi de taille. L’équipe de Pierre Celsis au sein de l’Unité 825 « Imagerie cérébrale et handicaps neurologiques » de l’Inserm à Toulouse vient de mettre au point une technique rapide et simple à partir de l’IRM.

Cette technique pourra de plus être adaptée pour le diagnostic d’autres maladies du cerveau.Ces travaux sont publiés dans la revue Brain. Le problème est connu depuis plusieurs années. Lorsque les chercheurs essaient de repérer de manière précoce la maladie d’Alzheimer à partir d’images du cerveau, la variabilité entre individus est trop importante pour dégager des règles simples de détection. Ainsi, le volume de l’hippocampe, zone privilégiée de la mémoire et principale zone lésée par la maladie, peut être, paradoxalement, plus petit chez un individu sain que chez un patient. Cette mesure étant donc trop imprécise, les chercheurs de l’équipe de Pierre Celsis ont étudié un autre critère : l’épaisseur corticale. Le cortex ou substance grise (cf image) contient les cellules nerveuses ou neurones qui sous-tendent les fonctions cognitives, sensorielles et motrices. Contrairement au volume de l’hippocampe, l’épaisseur du cortex varie peu entre les individus. La maladie d’Alzheimer affectant certaines zones corticales plus que d’autres, l’équipe a déterminé celles étant les plus sensibles à la maladie. La mesure de l’épaisseur moyenne de celles-ci permet de prédire si le patient examiné évoluera dans un futur proche vers une maladie d’Alzheimer. Les données utilisées proviennent d’une vaste cohorte américaine dont les sujets, suivis pendant deux ans et présentant des troubles légers de la mémoire, sont susceptibles d’évoluer, pour une proportion impossible à déterminer au départ, vers une maladie d’Alzheimer. Les travaux des chercheurs de l’Inserm ont permis de montrer que la mesure de l’épaisseur corticale à partir de l’examen IRM pratiqué à l’entrée prédit correctement trois fois sur quatre (76 % de prédictions exactes) l’évolution du patient dans les deux ans. Comme il est probable qu’au cours d’une période de suivi plus longue, davantage de patients «suspects» évoluent vers la maladie, le test offre vraisemblablement un pouvoir de prédiction encore meilleur à plus long terme. L’apport de la technique proposée est particulièrement important chez les patients ayant un haut niveau d’éducation car, chez ceux-ci, la «réserve cognitive» masque longtemps la progression de la maladie. La méthode proposée permet de détecter plus précocement ces patients.

Le logiciel développé par les chercheurs doit être maintenant validé par une large étude en population générale à partir des images fournies par des appareils d’IRM soigneusement réglés. Il pourra alors indiquer au médecin, en moins de 20 minutes, si le patient est hautement susceptible ou non de développer une maladie d’Alzheimer dans les mois ou années qui suivent. Pour Pierre Celsis «Cette information aidera le médecin à déterminer les modalités de suivi et de prise en charge de son patient, en relation avec son environnement familial.»
Finalement, en modifiant les zones corticales prises en compte dans le calcul de l’épaisseur, l’équipe Inserm espère pouvoir adapter cette technique à d’autres pathologies touchant le cortex. Des démences autres ou des pathologies altérant la substance grise pourraient elles aussi bénéficier d’un diagnostic plus précoce, d’un meilleur suivi et à terme, de traitements plus efficaces aux stades précoces voire même avant que la maladie ne se manifeste.

Olivier Querbes,1,2 Florent Aubry,1,2 Jérémie Pariente,1,2,3 Jean-Albert Lotterie,1,2,3 Jean-François Démonet,1,2,3 Véronique Duret,1 Michèle Puel,1,2,3 Isabelle Berry,1,2,3 Jean-Claude Fort,4,5 Pierre Celsis1,2,3, The Alzheimer’s Disease Neuroimaging Initiative

lien pour étude complète
lien pour communiqué de l’inserm mai 2009

Le vin pourrait-il protéger contre la maladie d Alzheimer ?

Le quotidien souligne que « la brochure de l’Institut national du cancer (Inca) indiquait il y a quelques mois que la consommation quotidienne d’un seul verre de vin augmentait un peu le risque de cancer, une nouvelle étude insiste sur le fait que cette même consommation modérée réduit la probabilité d’être victime de la maladie d’Alzheimer ».

Cette publication présentée lors d’un congrès d’experts à Vienne, en Autriche, consacré à ­cette maladie neurodégénérative «s’appuie sur une enquête menée auprès de 3 079 sujets âgés de 75 ans et plus.»

Kaycee Sink, l’un des auteurs de l’étude, effectuée par l’université américaine Wake Forest de Winston-Salem en Caroline du Nord, explique que «ces personnes ont été observées pendant six ans et ont été priées de noter précisément leur consommation d’alcool. Puis elles ont été réparties en quatre catégories : nul alcool, entre un et sept verres d’alcool par semaine, huit à quatorze verres et plus de quatorze verres consommés sur la même période.»

«Après examen des patients tous les six mois, il est apparu que parmi les personnes qui se limitaient à un ou deux verres d’alcool, surtout du vin, par jour, le risque d’être atteint de la maladie d’Alzheimer était réduit de 37 %.»
En revanche, le Figaro relève que «parmi les personnes présentant déjà des troubles mineurs de la mémoire et qui ont consommé plus de 14 verres par semaine, le risque d’Alzheimer était jusqu’à deux fois plus élevé que parmi les personnes s’abstenant de boire quelque alcool que ce soit.»

Source: Le Figaro du 05/08/2009