Le sucre est il une drogue ?

Par Ghislaine Gerber
Conférencière et formatrice en phytonutrition, elle participe depuis plus de vingt ans à de nombreuses recherches en nutrition dans une vingtaine de pays.

Depuis plusieurs décennies, la consommation de sucre a continuellement augmenté et s’est accélérée encore au cours de ces dernières années. Les services de santé des différents pays occidentaux tirent la sonnette d’alarme sur le développement de l’obésité et des diabètes qui apparaissent désormais chez des sujets de plus en plus jeunes.

Pratiquement inconnue il y a vingt ou trente ans, l’obésité des enfants et des adolescents est la conséquence très inquiétante du grignotage et de la sédentarité. Incité à la consommation de friandises, de sodas et autres boissons lactées fortement sucrées, le jeune public des medias est bercé par les sirènes de l’industrie agro alimentaire.

Une quête instinctive de douceur.
Outre le fait qu’il agresse l’estomac et entretient les fermentations intestinales lorsqu’il est consommé en excès, le sucre serait-il devenu une véritable drogue comme le tabac, le café ou l’alcool ? La consommation importante de sucre semble bien montrer les mêmes signes de dépendance. Dès 1980, le Dr A. Hoffer affirmait que cette sensation de manque serait presque aussi forte que pour n’importe quelle autre drogue.

Le sucre est certes indispensable à la vitalité générale. Le nourrisson l’associe au plaisir, à la douceur, car cette saveur sucrée qu’il recherche est celle du lactose du lait maternel, mais qui est un sucre bien différent du saccharose industriel. Les industriels jouent sur cette quête instinctive de douceur persistant chez l’adulte, afin de mieux vendre leurs produits mais apportent plus de mauvais sucres que de bons sucres complets qui seraient moins nocifs à l’organisme. C’est ainsi que les sucres raffinés sont devenus omniprésents dans la plupart des produits de consommation.

Saponines et peptides de Momordica à la rescousse.
Cultivé dans les zones tropicales d’Asie, d’Inde et d’Amérique du Sud comme aliment et produit de santé de très longue tradition, le Momordica, de la famille des Cucurbitacae se situe à mi-chemin de la courge oblongue et du concombre. Ce fruit est apprécié de longue date dans les plats traditionnels, tant en Asie, qu’en Amazonie, aux Caraïbes et dans la plupart des DOM-TOM pour sa saveur amère particulière.
Le Momordica bénéficie également d’une longue histoire d’utilisation par les tradipraticiens d’Inde comme en témoignent les ouvrages concernant la nutrition dans l’Ayur Veda, ainsi que par les chamanes d’Amazonie et du Pérou. Ce fruit contient un grand nombre de nutriments et de micro-nutriments notamment des principes amers, des triterpènes, des saponines, des protéines, des enzymes, des minéraux, des polysaccharides…
Les saponines et peptides, mais aussi les extraits totaux de la pulpe du Momordica, ont fait l’objet d’un grand nombre d’études in vivo pour leur intérêt nutritionnel dans le maintien d’un bon équilibre du glucose. Ces études ont notamment montré que ces nutriments participent naturellement à la bonne assimilation du glucose dans les cellules afin que celui-ci ne reste pas inutilisé et en excès dans le sang. Le Momordica optimise la tolérance au glucose face aux excès alimentaires en sucreries (sodas, friandises, grignotage). Le glucose est certes source d’énergie pour nos cellules, mais consommé en excès, il peut provoquer de sévères agressions cellulaires. Les aliments amers ont été consommés de tout temps dans de nombreuses traditions pour contre-balancer les excès de sucres. Le Momordica fait partie de ces aliments amers par excellence et on le retrouve dans la préparation de sauces aigre douces, dans les préparations de caris indiens, de potages chinois, etc… Le Momordica tient également une part importante dans l’alimentation des habitants de l’ïle d’Okinawa au Japon, où même si ce n’est pas le seul facteur de santé, la population est une des rares du globe qui compte le plus de centenaires en bonne santé.

C’est la pulpe du fruit, sans les graines, que l’on peut utiliser en alimentation ou dans la préparation d’extraits totaux, concentrant ainsi l’ensemble de ses principes amers et autres nutriments disponibles. Les graines et les feuilles ne sont pas recommandées en alimentation ni en supplémentation nutritionnelle. Les nutriments les plus utiles du Momordica sont réunis dans la pulpe du fruit. Les feuilles et les graines contiennent des alcaloïdes qui les destinent à d’autres usages non alimentaires.

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