Activités anti inflammatoires chémopréventives de la curcumine et autres phytocomposés (resvératrol et gingérol) dans les cellules de la prostate.

Comme l’inflammation apparaît comme un facteur de risque dans le cancer de la prostate (PCa), il existe un potentiel dans la chémoprevention par des substances anti-inflammatoires. Des phytocomposés diététiques ont montré des propriétés chémopréventives qui pourraient inclure des propriétés anti-inflammatoires.

Dans cette étude, nous avons démontré le rôle des protéines kinases (MKP5) dans les activités anti inflammatoires des phytocomposés curcumine (curcuma), resveratrol (raisin) et [6]-gingerol (gingembre). La Curcumine, phytocomposé de l’épice curcuma a régulé positivement la protéine kinase MKP5, a diminué de façon significative les réactions pro inflammatoires induites par la protéine p38 dans les cellules épithéliales prostatiques normales. Le Resveratrol et le [6]-Gingerol, phytocomposés présents respectivement dans le vin rouge et dans le gingembre ont aussi régulé de façon positive la MKP5 dans les cellules épithéliales prostatiques normales. De plus, nous avons trouvé que les cultures cellulaires tumorales PCa DU 145, PC-3, LNCaP et LAPC-4 ont permis de maintenir la capacité de réguler positivement les MKP5 suite à l’administration de curcumine, resveratrol et [6]-gingerol, suggérant l’utilité de ces phytocomposés dans le traitement du cancer de la prostate PCa. En résumé, nous avons montré l’activité anti inflammatoire directe des MKP5 dans les cellules de la prostate et suggéré que la régulation positive des MKP5 par les phytocomposés étudiés pourrait contribuer à leur action chémopréventive en diminuant l’inflammation prostatique.

Nonn L, Duong D, Peehl DM.Department of Urology, Stanford University, Stanford, CA 94305-5118, USA. Carcinogenesis. 2007 Jun;28(6):1188-96. Epub 2006 Dec

Les graines de lin, c’est bon pour la prostate !

Par Destination Santé

Le fait de consommer des graines de lin en quantités importantes est-il bon pour la prostate ? En tout cas, il semblerait bien que cela permette de ralentir l’évolution du cancer qui peut l’affecter, et qui est le plus fréquent des cancers masculins.

Au 43ème congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) de Chicago, le Pr Wendy Demark-Wahnefried (Duke University Medical Center, Etats-unis) a rendu compte d’une étude qui paraît ouvrir des perspectives intéressantes. L’idée de départ, c’est la relation éventuelle entre la richesse des graines de lin en acides gras de type oméga 3 et la capacité, prêtée à ces derniers, de réduire la prolifération cellulaire. C’est aussi le fait que ces graines sont extrêmement riches en lignane, une substance connue pour se lier aux hormones sexuelles – testostérone et oestrogènes – et dont il est envisagé qu’elle puisse contrecarrer leurs effets stimulants sur le cancer prostatique.

Eh bien les résultats obtenus, au terme d’une étude multicentrique randomisée de phase II – excusez du peu ! – méritent l’attention. Au total, 161 hommes atteints de cancers prostatiques ont été répartis en 4 groupes : un groupe témoin, un autre qui a consommé 30 g de graines de lin par jour, un troisième qui a simplement réduit sa consommation de graisses et un quatrième enfin, qui a cumulé les prescriptions des deux précédents.

Après 30 jours de ce régime, les prostates des messieurs ont été retirées chirurgicalement – c’était prévu de toutes manières ! – et soigneusement analysées. Il en est ressorti que dans les deux groupes qui avaient consommé des graines de lin, la multiplication des cellules tumorales avait été réduite de 30 % à 40 %. Ce qui n’est pas rien. D’autres études vont être entreprises avec des approches encore plus fines, mais le résultat est d’ores et déjà jugé digne d’intérêt.

Source : American Society of Clinical Oncology (ASCO), 1-5 juin 2007